Le questionnement sur la langue à l’ère des langages
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Il était crucial de conclure la phase des élections de l’Assemblée Constituante pour enfin entamer des discussions autour des questions qui comptent ou semblent compter pour les tunisiens. Durant les mois suivants la chute du régime, la question de l’identité du peuple tunisien a été au centre de l’intérêt de l’opinion publique et au programme des partis politiques en lisse, favorisant de fait d’une manière naturelle ceux qui en incarnaient ses protecteurs comme le parti Ennahdha ou encore ceux qui avaient adhéré à un projet constitutionnel qui la protégeait.
Les tunisiens se sont donc prononcés pour majoritairement élire ceux qui leur donneraient l’assurance d’une citoyenneté enracinée dans la culture arabo-musulmane signe d’une « défaillance » identitaire largement diffuse dans le contexte social. Une réponse politique à une question sociale semble le premier pas des tunisiens vers la reconstruction de ce dont ils ont été privés dans les dernières décennies.
La liberté de culte violemment réprimée des temps de Ben Ali ainsi que la défaillance du modèle occidental ont porté en première ligne, pour une grande majorité de tunisiens, la question de l’identité arabo-musulmane bafouée.
La prochaine constitution tunisienne préservera donc sûrement le premier article de la constitution instituée par Bourguiba en 1957 maintenant l’islam et l’arabe comme respectivement religion et langue de la République. Avons-nous donc ainsi sauvé notre identité, notre religion et notre langue ?
Aujourd’hui on parle de la protection de la langue arabe et de sa survie, à l’image d’espèces en voie d’extinction qui nécessiteraient comme déclarait Moncef Marzouki dans son blog l’institution de quelques associations pour leur sauvegarde. Le parti Ennahdha aussi est porteur de cette perspective que nous retrouvons dans les pensées de Ghannouchi qui comparait l’occidentalisation effectuée par Bourguiba au terme de la colonisation à une « violence » vécue par la « génération Zitouna ». Ghannouchi déclarait à propos que « les intellectuels tunisiens qui sortaient des institutions d’enseignement rattachées à Zitouna […]donnaient une grande importance à cette langue et à cette littérature arabes qui enracinaient l'appartenance arabo-islamique en Tunisie, qui y insufflait l'esprit de résistance à l'invasion étrangère et servait en quelque sorte, face à l'Europe, de bouclier ».
L’attachement au drapeau et à l’hymne national comme nous avons vécu durant la révolution du 14 janvier et aujourd’hui la volonté de se réapproprier la langue maternelle ne sont-ils pas des formes de patriotisme que le peuple tunisien cherche à reconquérir? La maîtrise de l’arabe devenant ainsi une expression de respect pour ce qui nous appartient et nous définit, telle une expression d’amour-propre culturel . Mais il ne faut point ignorer que si d’une part une majorité de tunisiens ont exprimé un besoin de reconquérir leur identité arabo-musulmane, d’autre part il y’a un besoin explicite de la part des minorités linguistiques, ethniques et religieuses de se réaffirmer leur tunisianité. Un patriotisme des « minorités » est ainsi apparu soudainement à la suite de la fin de la dictature voyant émerger des actions et des associations pour la revendication de l’assurance d’une citoyenneté tunisienne « particulière ». Aux côtés des protecteurs de la langue arabe nous rencontrons ceux qui prônent la sauvegarde de la langue berbère et les chrétiens et les juifs de Tunisie n’ont de leur part jamais été aussi visibles autant que depuis le 14 janvier. Tout un chacun se proclamant à tous les effets tunisien.
Pour revenir à la question de la religion, l’histoire récente de la Tunisie Benaliste nous fait penser que plus que la protection de l’islam, les tunisiens qui ont choisi de voter le parti Ennahdha ont exprimé un besoin de défendre la liberté de culte. Ainsi une des affirmations les plus répandues parmi les électeurs de ce parti a été « je voudrais aller prier sans risquer de me retrouver fiché par la police et persécuté par les autorités ». La liberté de religion et de culte -une des libertés fondamentales que toute constitution démocratique devrait garantir - a donc été associée au parti qui a le plus souffert de la répression religieuse du régime dictatorial et en est devenue le symbole. Avant de garantir les minorités religieuses, souci de toute démocratie, les tunisiens ont exprimé clairement leur besoin de protéger la religion majoritaire du pays.
Une fois reconnues ces peurs de type identitaires, nous devrions entamer une discussion amplement plus constructive qui aille au-delà du simple choix de la langue officielle du pays et à la protection de nos racines arabo-musulmanes. Il s’agit de comprendre notre positionnement dans l’ère numérique, celle que les jeunes tunisiens ont envahi par leur ample appropriation des réseaux sociaux, de la renaissance d’une nouvelle culture écrite en arabe littéral, en français, en anglais, en italien ou autres langues, mais surtout en dialecte tunisien. Probablement il serait beaucoup plus utile de commencer par identifier à qui nous voulons nous adresser pour choisir quel langage adopter. Dans une ère de nouveaux langages et non plus de langues nous avons besoin de comprendre où nous voulons arriver et non pas seulement d’où est-ce que nous venons.
Stando ai dati ufficiali e prendendoli per buoni con qualche sforzo, il 50 per cento circa dei tunisini in età di voto non è andata a votare, il 32 per cento dei voti sono andati a partiti/candidati che non sono presenti in parlamento, vista l’incredibile frammentazione in minipartitini e nonostante un sistema proporzionale per circoscrizione. Ennahda, un gigante in termini di apparato rispetto agli altri, ha ottenuto il 37 per cento dei voti (41 per cento dei seggi). In democrazia chi ha i mezzi compra anche i voti e nei paesi arabi è molto facile farlo. Da non tunisino rimango abbastanza perplesso leggendo che queste elezioni sono state un plebiscito per Ennahda visto come unico baluardo dell’identità tunisina e arabo musulmana. La prima cosa che il leader di Ennahda ha fatto è stato un viaggio in Qatar per ringraziare. I risultati ufficiali delle elezioni tunisine: Summary of the 23 October 2011 Tunisian Constituent Assembly election result: Valid votes 4,053,148 94.06 217
Blank or invalid votes 255,740 5.94
Total 4,308,888 100.00
Voter turnout 51.97
Electorate 8,289,924
Parties Votes % Seats
Ennahda Movement 1,501,320 37.04 89
Congress for the Republic 353,041 8.71 29
Popular Petition 273,362 6.74 26
Democratic Forum for Labour and Liberties 284,989 7.03 20
Progressive Democratic Party 159,826 3.94 16
The Initiative 129,120 3.19 5
Democratic Modernist Pole 113,005 2.79 5
Afek Tounes 76,488 1.89 4
Tunisian Workers’ Communist Party 63,652 1.57 3
People’s Movement 30,500 0.75 2
Movement of Socialist Democrats 22,830 0.56 2
Free Patriotic Union 51,665 1.26 1
Democratic Patriots’ Movement 33,419 0.83 1
Maghrebin Liberal Party 19,201 0.47 1
Democratic Social Nation Party 15,534 0.38 1
New Destour Party 15,448 0.38 1
Progressive Struggle Party 9,978 0.25 1
Equity and Equality Party 7,621 0.19 1
Cultural Unionist Nation Party 5,581 0.14 1
Independent lists 62,293 1.54 8
Unrepresented lists 1,290,293 31.83 -
Source: Tunisia-Live.net
Segnalo questi due interessanti commenti in francese : http://www.kapitalis.com/afkar/68-tribune/8158-tunisie-quand-le-parti-ennahdha-sortira-t-il-de-lambivalence-.html e http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?t=523&a=29157&temp=4&lang=