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La mafia du pouvoir dictatorial en Tunisie

26 January 2012

La mafia du pouvoir dictatorial en Tunisie Dati Articolo
Depuis la chute du régime en Tunisie, on parle de pieuvre et de mafia du pouvoir, incarnée non seulement par les familles de l’ex « régente de Carthage » mais surtout par ce réseau incrusté dans la société tunisienne qu’était le parti du RCD.

Le parti déclarait avoir à peu près deux millions d’adhérents, mais il est clair que les tenants pouvoir dans cette maille n’étaient que quelques centaines. La chaîne du pouvoir était pyramidale et chaque niveau se distinguait par ses propres « influences ». Les gouverneurs locaux (3omda et mo3tmad) nommés par ce même parti dans les petits villages ou quartiers des grandes villes géraient les allocations sociales et donc décidaient de la vie et de la mort des familles les plus démunies de la Tunisie. Ces mêmes personnages avaient comme rôle de « ficher » tout le monde, d’espionner qui allait et qui venait, qui demandait une autorisation pour bâtir ou pour fonder une société, qui voyageait, qui achetait une nouvelle voiture ou se mariait. Toute autorisation qu’un citoyen demandait passait par eux faisant ainsi que les relations entre les citoyens et les administrations de l’Etat étaient exclusivement conditionnées par ces personnages douteux.

Si d’un côté le tunisien devait payer sa « redevance » aux familles mafieuses pour tout projet qu’il désirait ouvrir en Tunisie il devait aussi payer leurs parts à ces gouverneurs locaux. Même l’allocation de pauvreté était sujette à une « taxe » (j3ala) monétaire ou encore en services. Le système des « faveurs échangés » était celui qui tenait cette pieuvre en vie : le citoyen était recruté pour applaudir, voter, soutenir le pouvoir du dictateur en échange de lui garantir ses « droits » dus ou encore pour pouvoir être privilégié par rapport à d’autres.

Les hauts gradés de l’échelle du parti contrôlaient des centres de pouvoir encore plus élevés, en passant des gouvernorats aux ministères. Dans ces hauts lieux du pouvoir, les projets internationaux unissaient les intérêts économiques des sociétés ou institutions étrangères avec ceux de certains dirigeants du parti et des familles mafieuses. L’argent qui arrivait de l’union européenne par exemple, pour financer les projets de coopération internationale, finissait par payer les voitures de luxe des hauts dirigeants de l’Etat ou leurs voyages à l’étranger. Les comptes bancaires en devise des familles du président et de sa femme continuaient à être garnis par les pots-de-vin exigés aux partenaires internationaux pour activer presque tous les projets d’investissement ou de collaboration économique en Tunisie. Le système était connu par tous et tous y adhéraient sans aucun état d’âme. Business is Business.

Venons-en au parti mauve à l’étranger. Le RCD était aussi solidement présent auprès des communautés tunisiennes en France, Italie, Allemagne, Canada, etc avec des centaines de comités locaux (cho3ab) et des dizaines de sièges pour les accueillir. Ces représentations à l’étranger recevaient les fonds directement du parti central et étaient constamment présentes auprès des consulats afin de contrôler de la même manière que les petits « 3omda » les va-et-vient et les actions de tout un chacun. Le RCD n’avait pas beaucoup de pouvoir sur les tunisiens à l’étranger, car la très grande majorité des immigrés ont fui ce système en partant de la Tunisie.
De plus les « faveurs » que le parti pouvait échanger avec les citoyens à l’étranger sont très rares, si ce n’étaient les avantages sur le territoire tunisien. Ces comités locaux « organisaient » les élections de Ben Ali et avaient leurs réseaux « d’agents » qui les soutenaient sur le territoire pour les falsifications de ces élections. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux sont face à un choix déterminant : laisser le peu de pouvoir qu’ils avaient ou se battre pour le garder. Ils ne sont pas disparu, ils sont encore là et veulent par tous les moyens s’infiltrer dans ces prochaines élections.

Un exemple éclatant, qui devrait nous faire réfléchir tous, est celui d’une contre-manifestation RCDiste qui a eu lieu en Sicile, à Palerme, il y’a de cela quelques semaines. Un groupe de tunisiens, femmes et hommes de tout âge, avaient organisé un sit-in devant le siège du consulat de Tunisie à Palerme afin de dénoncer la présence d’une liste indépendante promue par un ex-président d’un comité du RCD (ra2is cho3ba), qui par ailleurs continue à « travailler » auprès du consulat.
Tenez-vous bien, cette manifestation a été violemment réprimée, non point par la police, mais par l’arrivée d’un groupe d’une vingtaine d’autres tunisiens qui ont malmené et chassé ces manifestants anti-RCD en les menaçant de tous les mots. Aujourd’hui les RCDistes se permettent de paraître, à « visage découvert », afin d’arrêter avec violences et menaces les protestations anti-RCD ne peut que nous indiquer que cette pieuvre non seulement existe encore mais qu’elle ne fait que continuer à être ce qu’elle était : une véritable mafia.


2 Responses to La mafia du pouvoir dictatorial en Tunisie

  1. Touhami Garnaoui says:

    Aujourd’hui, il y a une pieuvre encore plus cruelle et plus dangereuse. Elle s’appelle ENNAHDHA.

  2. LeVice501 says:

    La notion de “pire” est tellement relative… Comme l’a mentionné Touhami, la Tunisie souffre d’une tumeur plus cruelle et plus dangereuse…et pire encore !!!
    Il faut s’attarder dessus et s’intéresser au présent !
    C’est un devoir que de savoir ce qui se trame ici…

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